Billet d'humeur #1: la distribution en Circuit Court.

Hello vous !

On est plein rush, un peu comme d’habitude en cette saison où l’on sort de l’été pour se plonger dans la préparation (déjà) de la Noël. Mais j’avais aussi envie de poser ici quelques réflexions autour d’observations, d’a priori et d’amalgames qui entourent l’activité de Sud Corner, celle de la distribution en circuit court.

Cet été, j’ai été confrontée à pas mal d’observations de la part de certains clients, de certains producteurs, mais également des médias. Ces observations, bien que très intéressantes et pertinentes sur le pourquoi du comment de Sud Corner, m’a fait prendre conscience qu’il réside comme un flottement, un flou, autour de notre activité.

J’avais donc envie de vous expliquer comment nous mettions en lumière des petits producteurs, créateurs et artisans du Sud de la France. J’avais aussi envie de vous parler de notre cœur de métier qui consiste à la distribution de leurs produits, et maintenir le lien parfois entre des producteurs qui doivent faire face à la culture de leurs matières premières, la transformation et la production de leurs produits finis, et les clients finaux qui vont les déguster.

La distribution en circuit-court kezaco ?

Qu’est-ce que la distribution en circuit court ? Le Labo d’Economie Sociale et Solidaire nous propose une définition à la fois complexe et étayée et qui rappelle les 4 critères fondamentaux:

  • La création de liens sociaux et de coopération.
  • L’équité dans les échanges financiers.
  • Une approche participative.
  • Une logique pédagogique.

De même, la distribution en circuit court se définit soit en vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire, soit par de la vente directe aidée: le producteur vend directement mais rétribue par comission l’aidant (plateforme de mise en relation, etc…).

  • Le marchand détaillant (réel ou virtuel) s’il s’est fourni auprès du producteur en direct, fait du circuit court.
  • La plateforme de mise en relation entre producteurs et consommateurs, qui aide à la vente directe et qui est comissionnée, fait du circuit court.
  • Le producteur qui vend sur son exploitation, sur les marchés, sur internet, fait du circuit-court.

Le circuit court revêt donc plusieurs formes, et comme vous le voyez plusieurs réalités.

Il y a donc la  plateforme web qui n’aura pas les produits en stock, et qui en échange de ses prestations numériques, prendra une commission sur vente. Il y aura le producteur qui vendra en direct plus ou moins loin de chez lui, suivant le temps qu’il peut accorder à la distribution directe, suivant aussi la nature de sa production. Il y aura aussi le primeur ou la boutique spécialisée physique qui se fournira en partie chez les producteurs du coin.

Lorsque l’on vient de lire ces lignes, on ne peut s’empêcher de prendre le temps pour chercher où nous nous situons. Et bien, nous nous situons à la fois dans plusieurs de ces exemples-là, car notre fonctionnement est hybride.

Notre vision du circuit court

Oui, nous faisons de la distribution en circuit-court ! Qu’est-ce que cela implique et quelle est donc notre activité ?

Notre zone géographique : du Pays Basque à la Provence

Nous prenons du temps pour arpenter la zone géographique que nous avons défini au préalable, et pour laquelle nous avons un profond intérêt: le Sud de la France géographique. Cette bande rectangulaire qui va de Nice à Biarritz d’est en ouest, et de la mer Méditerranée aux environs de la Gironde et de la Drôme du Sud au Nord.

Nous arpentons cet espace donc afin de sélectionner des producteurs, des artisans et des créateurs qui fabriquent des produits en lien avec leur terroir. Soit parce que ce dernier est source d’inspiration dans leur production, soit parce que sans lui, la production n’est plus. Nous ajoutons aussi que l’ensemble des produits auxquels nous nous attachons ont une forte valeur ajoutée en tant que produits souvenirs ou spécialités régionales.

Cette zone géographique est à cheval sur plusieurs départements, plusieurs régions, et revêt plusieurs réalités, plusieurs sud. Certains producteurs ou créateurs sont déjà structurés mais peu connus en dehors de leur territoire. D’autres producteurs et artisans, n’ont pas le temps ni les moyens de mettre en lumière leur savoir-faire. Les producteurs les plus éloignés, sont à moins d’une journée de nos locaux, situés quasiment au milieu de cette zone.

Des produits en stock

Nous avons les produits en stock. Avoir les produits en stock c’est plus qu’un concept (notamment sur internet), c’est de la politesse, c’est prendre position et soutien avec les producteurs, artisans et créateurs partenaires, c’est prendre un engagement. Alors, cela peut paraître bizarre ces mots mis bout à bout, mais dans de plus en plus de secteurs d’activité, les produits ne sont pas forcément en stock chez le distributeur, et lorsqu’ils le sont, ils sont souvent en dépôt-vente. Ce qui n’est pas le cas chez nous.

Alors, il est évident que nous n’avons pas 100% de notre stock en disponibilité 7/7. Nous avons des ruptures. D’abord, parce que certains produits sont fabriqués en quantité limitée ou sont saisonniers. Ensuite, parce que nous souhaitons proposer une sélection pointue, et que nous adoptons un stock court. Et enfin, lorqu’un de nos produits a du succès, il est en rupture momentanée, et il faut donc se faire réapprovisionner #CQFD

Une logistique flexible

En concentrant plusieurs producteurs (presque 120) sur un même site web, nous permettons à ces mêmes producteurs de nous occuper pour eux de la vente de leurs produits sur internet. Nous mettons à profit notre logistique pour leur enlever également le temps de préparation des commandes. Ainsi, les créateurs peuvent se concentrer sur ce qu’ils savent le mieux faire: produire ET créer.

Le Circuit Court vs l’Internet

Dans le domaine d’activité qui est le nôtre, je le rappelle le groupement de produits régionaux  artisanaux du Sud de la France, on a de plus en plus l’impression que la production et la distribution se font face en chien de faience, et qu’internet se monte contre le circuit court.

Or, ce n’est pas mon impression première, quand chaque matin, je pars en direction des locaux de Sud Corner et que je reçois des appels de producteurs et/ou d’artisans qui souhaitent faire partie de la sélection de Sud Corner.

Acheter ses produits sur notre site web, c’est faire travailler des producteurs, artisans et créateurs qui ont besoin d’une clientèle de plus en plus large pour pouvoir vivre de leur travail. Les ventes de leurs produits sur leur exploitation, sur les marchés ou encore dans leurs ateliers, ne suffisent pas à faire les vivre toute l’année.

Certes, le Sud de la France, d’est en ouest, regorge d’une forte population touristique l’été, maisce n’est pas forcément la même chose le restant de l’année, avec des populations plus restreintes ou en manque de temps pour se fournir rapidement, équitablement et localement.

Internet reste donc un canal de vente supplémentaire non négligeable, bien que chronophage, et c’est précisément là que l’on intervient. Ne serait-ce que pour maintenir le lien entre la clientèle estivale et les producteurs tout au long de l’année. Mais aussi pour faire découvrir de nouveaux produits à des primeurs, des épiciers, des commerçants de proximité qui souhaitent également offrir une offre variée à leur propre clients.

Les circuits courts sur Internet existent, et j’aime à penser que nous en sommes des acteurs parmi tant d’autres, comme la Ruche qui Dit Oui, ou encore les drive fermiers, mais côté épicerie fine de terroir 😉

Là où le bas blesse…

Alors, voilà, comment se fait-il que chaque fois qu’un média nous appelle, parce qu’il a découvert un nouveau produit artisanal sur notre site, il nous raccroche au nez, comme si nous étions des pestiférées, parce que nous ne sommes pas producteur, sans chercher à comprendre notre fonction ? Comment se fait-il que dès que l’on parle d’internet ou de numérique, on assimile ce secteur à quelque chose de froid et de très indutrialisé ?

Nous ne sommes pas Amazon…

…Et nous ne le serons jamais ! Comme déjà dit dans un précédent post, nous souhaitons faire du commerce équitable en France, de façon artisanale, maintenir le lien entre nos producteurs et nos clients. Nous nous battrons toujours contre les amalgames en tout genre, et continuerons à défendre les valeurs du circuit court, du savoir-faire et du bon.

Mesdames et messieurs les médias, s’il vous plaît, comprenez bien une chose, c’est qu’un consomm’acteur ne peut pas acheter un produit si celui-ci ne vient pas jusqu’à lui, de façon juste et convenable, c’est la base du commerce tel que nous le concevons.

Voilà, mon premier billet d’humeur touche à sa fin, en espérant avoir été assez claire sur notre activité et la mission de Sud Corner: apporter au plus près de chez vous des produits de nos producteurs, artisans et créateurs connus et moins connus, mais ayant tous une même vision de leur terroir, vision que nous partageons 🙂

La prochaine fois, je vous parle de l’installation de Sud Corner au Mas, et de l’avancement des travaux d’extérieur (et d’accueil du public !)

La bise, Sabine

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